UX & pandémie : ce que la crise sanitaire nous dit du design inclusif

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Affiche sur un bâtiment
Covid-19 : un an après, c'est le moment de se pencher sur ce que la crise sanitaire nous apprend, d’un point de vue design.

La dernière année a été marquée par un événement : la crise du Covid-19. Si la menace d’un nouveau variant plane, l’été apporte un sentiment de soulagement, une impression de “le plus gros est passé”. Le moment de se pencher sur ce que la crise sanitaire nous a appris, d’un point de vue design.

Des masques non inclusifs

Avez-vous déjà remarqué que de nombreuses femmes font un nœud derrière leurs oreilles avec l’élastique de leur masque ? Savez-vous pourquoi ?

Tout simplement parce que 74% des équipements de protection sont conçus selon un modèle standard : un homme européen ou d’Amérique du Nord. C’est ce que nous apprend Caroline Criado-Perez, dans son ouvrage Femmes invisibles.

Masque portant un masque trop grand pour elle
Source : Numerama / Marie Turcan

Ainsi, les masques, en vente ou distribués par les communes, sont trop grands pour les personnes ne correspondant à ce standard, soit les femmes et personnes au visage fin.

Outre l’inconfort, porter un masque trop grand rend la filtration moins efficace donc augmente les risques de contamination. Ironique lorsque l’on sait que les femmes représentent 78% du personnel hospitalier et 90% du personnel de caisse.

L’AFNOR a mis à disposition de la population un guide pour fabriquer ses propres masques. Deux patrons sont disponibles : une taille adulte (standard homme européen) et une taille enfant. Là encore, de nombreuses personnes ont dû adapter les patrons pour que cela corresponde à leur morphologie.

Au-delà du problème de taille, les masques n’ont pas non plus été conçus pour les personnes sourdes ou malentendantes. Le masque recouvrant la bouche, il rend la lecture sur les lèvres impossible : un problème qui rend le quotidien difficile pour les personnes ayant des troubles auditifs.

Dans le cas des masques, les bénéfices d’appliquer une démarche UX sont évidents.

L’attestation dérogatoire, un cas d’école

La pandémie a fait entrer de nouvelles choses dans nos quotidiens. L’attestation de déplacement dérogatoire en fait partie.

En mars 2020, avec le premier confinement, elle fait son apparition dans une version pour le moins… complexe. Et Twitter s’en donne à coeur joie.

Face aux nombreuses critiques quant à la complexité du document, le gouvernement la remplace par une version allégée. Malgré tout, l’attestation de déplacement dérogatoire reste relativement complexe à comprendre car remplie de jargon administratif.

L’UNAPEI (regroupement de 550 associations d’aide aux personnes handicapées) propose une version simplifiée pour les personnes en situation de handicap.

Suivant la méthode du FALC (facile à lire et à comprendre), cette attestation est beaucoup plus simple à comprendre. Outre les personnes en situation de handicap, elle est plus adaptée pour les personnes dont le français n’est pas la langue maternelle, ayant un trouble de la lecture ou n’étant tout simplement pas familières avec le vocabulaire administratif.

Attestation de sortie version FALC

Remplacer le jargon par des mots simples, faire des phrases courtes, n’indiquer que l’essentiel… Autant de bonnes pratiques à appliquer dans toutes nos conceptions.

Santé mentale & UX

En mars 2020, Santé Publique France lance CoviPrev, une enquête destinée à suivre les impacts de la crise sanitaire sur les français·es, notamment au niveau de la santé mentale.

Photo : Finn – Unsplash

Dans les derniers résultats, publiés le 3 juin 2021, deux chiffres à retenir :

  • 19% des français·es souffrent d’un état dépressif (+9 points que le niveau hors pandémie)
  • 21% des français·es souffrent d’un état anxieux (+6 points que le niveau hors pandémie)

Outre-Atlantique, les chiffres ne sont pas plus glorieux :

  • 37% des adultes présentent des symptômes de trouble anxieux
  • 30% des adultes présentent des symptômes de trouble dépressif

Quel rapport avec le design ? Répondons par une autre question : à quelle fréquence nous demandons-nous si nos produits sont adaptés pour les personnes anxieuses ou dépressives ?

Les effets de l’anxiété et de la dépression sont nombreux, variés, et peuvent affecter nos capacités cognitives. Maux de tête, fatigue chronique, difficulté à retenir des informations, perte de mémoire… Pour la personne anxieuse, se souvenir de son mot de passe ou remplir un formulaire peut sembler insurmontable.

C’est à nous, designers, de prendre cela en compte. Voici quelques pistes à explorer pour accompagner au mieux nos utilisateurices anxieuses :

  • Demander uniquement les informations essentielles dans un formulaire ➡️ pour éviter le sentiment d’intrusion ou le doute
  • Réduire les distractions ➡️ pour concentrer l’attention sur l’info principale
  • Avoir un traitement des erreurs clair, aussi bien sur les erreurs techniques que les erreurs humaines ➡️ pour rassurer les utilisateurices
  • Travailler le langage ➡️ pour les mettre à l’aise et les soutenir

Sachant que l’anxiété touche à présent entre 1 personne sur 5 et un tiers de la population, peut-on continuer à ignorer ces questions ? Avoir un design inclusif c’est n’exclure personne. Cela signifie aussi les personnes anxieuses ou dépressives, des troubles qui, malheureusement, résiste au vaccin.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Mathilde
Mathilde
Je partage mes réflexions et trouvailles autour du design inclusif, de l'UX writing et de l'accessibilité.
Mathilde
Mathilde
Je partage mes réflexions et trouvailles autour du design inclusif, de l'UX writing et de l'accessibilité.

Plan de l'article

Ces articles pourraient aussi vous intéresser
Illustration d'un avion en papier

Votre message a bien été envoyé !
Je fais tout mon possible pour vous répondre au plus vite.